Hieronymus Bosch : les démons qui hantent encore les esprits cinq cents ans plus tard

Arrêtez-vous sur la place Jeroen Bosch et levez les yeux. Un vieux clocher, niché tranquillement parmi les toits du centre-ville. Rien ne laisse deviner qu'un homme qui a imaginé les créatures les plus extravagantes de l'histoire de l'art a autrefois arpenté ces rues.
Des poissons volants, des oreilles qui marchent, des monstres dont le corps est un œuf. Ce mois-ci, cela fait 510 ans que Jérôme Bosch est décédé, dans la ville où il a vécu et travaillé toute sa vie. Ses démons y hantent toujours les lieux.
Un peintre qui n'a jamais quitté sa ville
Bosch est né vers 1450 à 's-Hertogenbosch, où il est également décédé, en août 1516. Issu de la famille de peintres Van Aken, il a grandi au milieu des pinceaux et des pots de peinture. Contrairement à bon nombre de ses contemporains, il n'est jamais parti chercher la gloire ailleurs. Il est resté sur place, s'est marié avec Aleid van de Meervenne et a rejoint la Confrérie de Notre-Dame, cette même société distinguée qui se réunit encore aujourd'hui à la Maison des Frères du Cygne. Tout ce qu’il a peint, il l’a imaginé ici, au milieu des rues que l’on peut encore parcourir aujourd’hui.
Des monstres, des rêves et un monde que personne ne pouvait dessiner
Alors que d’autres peintres de son époque représentaient des saints vertueux et des scènes pieuses, Bosch dessinait un univers débordant d’imagination. Chez lui, le péché, la tentation et la rédemption prenaient la forme de monstres, de créatures hybrides et de scènes que l’on ne cesse d’étudier sans pour autant tout comprendre. Un de ses contemporains l’a un jour qualifié de plus habile créateur de choses fantastiques et bizarres. Son œuvre la plus célèbre, Le Jardin des délices, est aujourd’hui exposée à Madrid. Pourtant, c’est ici, à Den Bosch, que tout a commencé.
Son univers prend vie au Centre d'art Jérôme Bosch
Les tableaux originaux de Bosch sont dispersés dans des musées du monde entier. Ce que vous trouverez à Den Bosch, en revanche, c’est le lieu le plus proche de la source qui soit : le Jheronimus Bosch Art Center, installé dans la vénérable église Saint-Jacques, tout près de l’endroit où Bosch lui-même a vécu. Vous y découvrirez des reproductions en taille réelle, des anecdotes sur sa symbolique cachée et des expositions qui mettent tour à tour en lumière une facette différente de son univers. Actuellement, par exemple, se tiennent « Pifostio », une exposition sur l’art qui tourne en rond sans avancer, et « Fantasma », dans la tour caractéristique de Jérôme Bosch. Si vous souhaitez véritablement vous plonger dans l’univers mental de Bosch, réservez une visite guidée d’une heure. Un guide vous fera découvrir les détails que l’on a tendance à manquer et vous expliquera tout ce qui se cache derrière ces créatures étranges.
Informations pratiques
Le Jheronimus Bosch Art Center se trouve au 2, Jeroen Boschplein, en plein cœur du centre-ville. D'avril à octobre, il est ouvert du mardi au dimanche, de 11 h à 17 h 30. En mars, novembre et décembre, les horaires sont de 12 h à 17 h. Le centre est fermé le lundi. L’entrée coûte 12 euros pour les adultes, 5 euros pour les enfants de 6 à 12 ans et est gratuite pour les enfants de moins de 6 ans. Les étudiants et les titulaires de la carte CJP paient également 5 euros. Vous pouvez réserver une visite guidée à l’avance, pour 25 euros par guide en plus du prix d’entrée normal. Pour plus d’informations et pour réserver, rendez-vous sur jheronimusbosch-artcenter.nl ou par téléphone au 073-612 68 90.
Marchez de la place jusqu'à la Grand-Place et vous vous retrouverez aussitôt dans le présent. Mais gardez ces monstres à l'esprit. Cinq cents ans après sa mort, Jérôme Bosch continue d'influencer la façon dont le monde perçoit cette ville. Découvrez par vous-même pourquoi.